Notre vie canoniale

Notre vie canoniale

Les hommes qui s’aiment entre eux, et qui aiment Dieu qui habite en eux, forment la cité de Dieu. Et comme toute cité est rassemblée par une certaine loi, leur loi à eux c’est l’amour, et l’amour c’est Dieu. « Dieu est Amour » (1Jn 4,8). Celui qui est rempli d’amour est plein de Dieu, et un grand nombre de frères remplis d’amour forment la cité de Dieu.

 

Saint Augustin, Commentaire Ps 98.4.

 

Nous sommes une Communauté augustinienne, de vie canoniale, suivant la Règle de Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone en Tunisie actuelle, et fondateur d’une nouvelle forme de vie consacrée, qu’on pourrait appeler les moines dans la ville, à la différence du premier monachisme vécu au désert (Pacôme, Antoine).

 

Cette Règle commence ainsi : « Avant tout, vivez unanimes à la maison, ayant une seule âme et un seul cœur tournés vers Dieu ». Pour Augustin, il s’agit de reproduire l’idéal de la première communauté de Jérusalem, « assidue à l’enseignement des Apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » selon les Actes des Apôtres.

 

La vie canoniale (de canon : règle), est ce type de vie religieuse initié par Saint Augustin, qui donne à voir le mystère de l’Eglise, Corps du Christ. Elle comprend des traditions monastiques, telles que la vie commune, rassemblement effectif des membres de la Communauté pour la prière, les repas, le travail, les échanges fraternels, dans un monastère. Celui-ci est un lieu de silence, de retrait du monde, un cadre de vie propice à la recherche de Dieu, à la vie liturgique, à la vie commune, à un style de vie simple. Elle comprend aussi un service apostolique : pour nous, la Miséricorde partagée avec tous mais spécialement les malades en qui nous voyons Jésus : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait » En plus des trois vœux de pauvreté, chasteté, obéissance, nous en faisons un quatrième : celui de servir les pauvres et les malades par la miséricorde. Primitivement, les sœurs ne prononçaient que ce vœu de miséricorde. Clef de voûte des trois autres vœux, il est fondateur.

 

 

 

Vie de prière

 

Ô Vérité, lumière de mon cœur, ne laisse pas mes ténèbres me parler ! J'ai coulé vers les choses d'ici-bas et je suis devenu obscurité ; mais de là, je t'ai profondément aimée. J'ai erré, et je me suis souvenu de toi. J'ai entendu ta voix derrière moi me disant de revenir. Et maintenant voici que je reviens, tout brûlant et haletant vers ta source. Que nul ne m'écarte ! que j'y boive et que j'en vive !.. 

 

 Saint Augustin, Conf.XII, 10,10

 

La prière liturgique de l'Eglise 

Notre vie, au long de l'année, s'écoule rythmée par les grands temps de l'année liturgique Avent, Noël, Pâques, Fêtes...
La vie quotidienne se déroule aussi au rythme de la Liturgie. En premier la célébration active et communautaire de l'Eucharistie matinale, centre et sommet de la journée: le partage de la Parole et du Pain sont la source de notre vie, le ferment de notre unité.
La Prière des Heures nous réunit au chœur quatre fois par jour. 
- A 6h30, les Laudes, au moment où revient la lumière du jour, évoquant le Seigneur Jésus, Lumière véritable, Soleil levant.
- A 13h, l'heure du milieu du jour, comme une respiration dans le travail, pour nous ressaisir en offrande.
- A 18h30, les Vêpres, lorsque tombe le soir, afin de rendre grâce pour ce qui a été donné. et diriger notre espérance vers le Christ Lumière qui ne connaît pas de couchant.
- A 20h30, les Complies, dernière prière du jour, pour nous remettre entre les mains de Dieu avant le repos de la nuit. Les veilles de Dimanche et des Fêtes, nous célébrons l'Office de Lectures ou les Vigiles.

 

La prière personnelle

La prière personnelle, « dans le secret », tient aussi une grande place.
Chaque jour, une heure d'oraison : contemplation silencieuse et aimante. L'oraison est préparée par la « Lectio divina »,où l'on s'imprègne de la Parole de Dieu.
Chaque jour également, la prière à Marie, Mère de Dieu, à partir de la méditation des Mystères du Rosaire.

 

Vie commune

Mais nous, Seigneur, ton petit troupeau, voilà ce que nous sommes ! À toi de nous garder en ta possession ! Étends tes ailes, que nous y trouvions refuge ! Sois notre gloire ! Qu’on nous aime à cause de toi ! Que ce soit ton Verbe que l’on craigne en nous !

 

Saint Augustin, Conf. X, 36,59

Présent au milieu de nous, Jésus, qui a appelé chacune, continue de nous rassembler. C’est Lui qui est la vie et le centre de notre communauté fraternelle. 

Nous sommes rassemblées pour rechercher Dieu ensemble, n’ayant qu’un cœur et qu’une âme, tournés vers Dieu. C’est Lui la vie et le centre de notre communauté. La première mission des Augustines est donc de bâtir une Communauté d’amour. Nous vivons effectivement le partage, la mise en commun de tout ce que nous avons, des biens, des « talents » reçus, nos forces, notre temps et de tout ce que nous sommes.
Cela suppose aussi des temps et des lieux d’échanges, pour construire la communauté. L'unité des cœurs et l'amitié sont à la base de nos rencontres fraternelles ; l’attention aux autres, la simplicité et la cordialité permettent de goûter la douceur de vivre ensemble.

 

Pour Saint Augustin, la communauté est une famille qui se construit par la collaboration de toutes. La vie de famille est favorisée par l’appartenance au Monastère de Profession, librement choisi lors de notre entrée et dans lequel nous demeurons toute notre vie et par la Prieure qui a pour mission d’aider les sœurs à devenir de plus en plus le Corps du Christ.

 

Pour cela, les lieux et les moments de solitude et de silence sont les conditions d’une meilleure présence à Dieu et à nos frères. Sachant que nous sommes continuellement accueillies par le Dieu de miséricorde, nous essayons d’en être témoins les unes pour les autres.

 

 

 

Vie hospitalière

Dieu est loué non seulement par la voix des hommes, mais aussi par leurs œuvres. Lorsqu'on s'accompagne du tambour et du psaltérion, les mains s'accordent avec le chant. En chantant « Alleluia », donne du pain à qui a faim, habille celui qui est nu, accueille le sans-abri. Ce n'est donc pas seulement ta voix qui chante, mais ta main chante, elle aussi, parce que tes actes se conforment à tes paroles, comme tes doigts s'associent à ce que proclame ta langue.

 

Saint Augustin, Commentaire Ps 149.8.

C’est un avantage pour cette forme de vie qui conjugue vie monastique avec un réel travail apostolique, d’offrir aux diversités de tempérament ou de charisme des sœurs le mode d’être religieuse qui convienne. Notre monastère s’ouvre sur la Clinique permettant ainsi de vivre largement l’hospitalité auprès des malades ou de leurs familles désirant demeurer à leur chevet. Des personnes en repos ou en recherche de silence et de prière aiment séjourner à côté du monastère. Si des lieux sont disponibles pour accueillir les personnes, les cœurs sont aussi ouverts pour « hospitaliser la souffrance » de l’autre car tout homme a besoin de rencontrer visiblement la tendresse et la miséricorde de Dieu. Le soin des malades, l’écoute, l’accompagnement individuel, l’enseignement, parfois une simple présence sont notre manière de donner un visage humain à l’Amour de Dieu.

 

Sœur Jacqueline

Chaque sœur reçoit sa mission de la Prieure et l’exerce au nom de la Communauté. Un certain nombre d’entre nous exercent une activité professionnelle dans le secteur de la santé mais pas toutes. Car, comme dans tout monastère, les services de la vie commune sont nombreux : liturgie, services logistiques, accueil, enseignement, gestion, économat, secrétariat, aumônerie, catéchèse, formation des jeunes sœurs. Les sœurs malades, par leur prière et leur offrande, ont aussi, nous le croyons, une part privilégiée dans la mission de la communauté. Alors, quelque soit la forme concrète de sa mission, chacune est amenée « à la traduire par une attitude fondamentale d’hospitalité. »